Les enfants de l'église
Retour à la liste des prédications

Tenir bon

Porter un regard sur l’église de Croix, c’est voir aujourd’hui un vaste chantier, où en bien des lieux la reconstruction est nécessaire ;
C’est vrai au sens propre de nos bâtiments, qui méritent au moins réfections et aménagements, nous l’avons évoqué dimanche dernier en assemblée générale, mais aussi dans un sens plus figuré de nos structures, de nos relations les uns avec les autres, de nos priorités et activités.
Selon les domaines, la reconstruction est seulement à l’état d’ébauche, de projet ; dans d’autres domaines, l’heure est à poser les fondations ; dans d’autres encore quelques murs sont sortis de terre et quelques réalisations sont déjà visibles.

Reconstruire, c’est un défi stimulant, enthousiasmant à bien des égards, c’est aussi parfois un défi accablant, tellement la tâche est immense, tellement nos faiblesses sont immenses, tellement les coups de l’ennemi savent se faire lourds et durs, à la fois contre les hommes et contre la progression de cette reconstruction.
Devant cette adversité, il s’agit de résister.
Il nous faut donc tout à la fois construire et nous battre.
Et c’est à ce rapport entre construction et combat que je vous propose de réfléchir ce matin.
Quand faut-il se battre ? quelle est la stratégie de l’ennemi ? quel est l’enjeu de la bataille ? Faut-il abandonner momentanément le chantier pour partir en guerre ? les maçons et les guerriers sont-ils les mêmes ?
Je vous propose d’essayer de répondre à ces questions à partir d’un exemple vivant et concret qui nous a été laissé dans l’ancien testament : c’est l’exemple de Néhémie.
Pourquoi ce choix ?
Parce qu’il est un bâtisseur, parce qu’il a eu à faire à l’ennemi alors qu’il reconstruisait avec le peuple les murailles de Jérusalem, parce qu’avec l’aide de Dieu il a réussi à déjouer bien des pièges et à achever l’œuvre que Dieu lui avait confiée.

  1. Le contexte

    Quelques mots de présentation de ce personnage et du contexte historique dans lequel il prend place.

    Le contexte historique d’abord :
    587 av JC les babyloniens envahissent Jérusalem et détruisent le temple et la ville ; s’en suivra une déportation massive de nombreux juifs ; pendant 70 ans, le peuple va connaître l’exil sous la domination babylonienne.
    / Puis les babyloniens vont peu à peu perdre de leur influence et une autre puissance va prendre le contrôle de la région : il s’agit plutôt d’une coalition entre deux puissances de moyenne importance qui se sont alliées pour renverser les babyloniens : il s’agit des Mèdes et des perses.
    Cet empire médo-perse après avoir envahi Babylone et étendu son pouvoir sur la région va permettre le retour des juifs en Juda et dans sa capitale, Jérusalem ; c’est l’objet du fameux édit de Cyrus, en 538 av JC.
    Pendant à peu près un siècle Jérusalem deviendra aussi un vaste chantier, (comme Croix) ; les juifs, c’était prioritaire et symbolique pour eux, vont d’abord porter leurs efforts sur la reconstruction du Temple, puis dans un 2ème temps se consacrer à la reconstruction de la ville sainte et de ses fortifications.
    Comme dans une vie d’église, Il y aura des élans enthousiastes, puis des périodes de découragement et même d’arrêts des travaux pendant plusieurs années ; au total il faudra près d’un siècle pour mener à bien la reconstruction du temple et de la cité. Néhémie intervient dans la période finale de ce vaste chantier, alors qu’Esdras a déjà conduit les travaux nécessaires à la reconstruction du temple.

    Vers 445 av JC Néhémie, juif probablement né en déportation, entend d’abord des nouvelles qui lui parviennent de l’état catastrophique dans lequel se trouve la ville sainte de Jérusalem, alors que probablement il n’y a jamais mis les pieds ; ces informations le touchent tellement qu’il se met à jeûner et implorer Dieu pour lui demander comment agir, réagir à un tel constat.
    Il ne peut accepter cet état d’humiliation et de délabrement pour la ville sainte de Dieu et pour le peuple de Dieu, le peuple de ses compatriotes. Il va donc plaider la cause de Jérusalem auprès de l’empereur perse qui n’est autre que son employeur, et va quitter sa fonction d’échanson (le responsable des boissons auprès de l’empereur ; les risques de complots et d’empoisonnements étaient importants à l’époque ). Néhémie va partir pour Jérusalem et se mettre à l’ouvrage.
    Une fois arrivé dans la cité de Dieu , après avoir inspecté et évalué l’étendue des travaux, il propose un plan d’action commun aux responsables.
    C’est à ce moment là que nous le retrouvons alors qu’il s’adresse aux acteurs importants de la cité.

    Lecture Néhémie chp. 2. 16-18
  2. Construire et combattre

    Bâtir.
    À peine le projet de reconstruction énoncé, à peine les convictions et les résolutions affermies dans le cœur de chacun, commencent déjà les premières attaques de l’ennemi ; il faut le savoir, entreprendre au nom du Seigneur, a toujours pour conséquence une opposition.
    Dans un 1er temps, on restera au stade des moqueries, des fausses accusations et du mépris, histoire d’attaquer le moral des bâtisseurs.
    Lecture chp. 2. 19
    La réponse de Néhémie ne se fait pas attendre : Lecture Né 2. 20

    Néhémie sait réagir et ne perd pas son temps à répondre point par point aux accusations de l’ennemi. Il réaffirme la souveraineté de Dieu sur ce projet et la résolution de tout un peuple pour commencer le travail ; parce que Dieu est de la partie, Néhémie peut sereinement déclarer que le projet ira à son terme : nous reconstruirons la ville. Telle est la foi de Néhémie, ferme et sereine.
    Ces déclarations confiantes et résolues ne sont pas seulement un effet d’annonce, elles sont suivies immédiatement du commencement des travaux, dans un esprit de communion et d’organisation exemplaire.
    Confiance en Dieu, répartition des tâches, engagement de chacun aux côtés de l’autre pour une œuvre commune, tels sont les ingrédients de la réussite ;
    Tout le tour de la cité est passé en revue, secteur par secteur, et confié à une équipe.
    Toutes les classes sociales, les corps de métier, et corporations professionnelles sont à l’œuvre : Prêtres, orfèvres, parfumeurs, employés subalternes du temple, marchands, gardiens.

    Deux rappels précieux pour nous au passage :

    • L’importance de savoir organiser le chantier pour les responsables, et répartir le travail ;
    • Quelles que soient les compétences, professions, statuts sociaux, chacun peut prendre place dans la construction ; elle n’est pas l’affaire de spécialistes, ou de quelques responsables seulement, mais bien le projet de tous.

    Pour ne pas rallonger nous ne lirons pas ce passage en revue secteur par secteur des murailles de Jérusalem et de ceux qui sont à l’ouvrage pour les reconstruire; je vous invite à le faire chez vous.
    Nous recueillerons seulement la réaction de l’ennemi à ces premiers coups de pioches et de truelles.

    Lecture chp 3. 33-35
    Vous l’avez noté la violence dans les propos monte d’un cran.Ce qui irrite l’ennemi, ce qui le plonge toujours dans une violente colère ?
    Voir la construction s’élever, voir et constater que par la grâce et la puissance de Dieu, et par la volonté ferme d’hommes et de femmes à lui obéir, des pierres ensevelies, pleines de poussière et calcinées puissent reprendre vie, s’assembler et former une construction digne de ce nom.
    Belle illustration au passage de la puissante œuvre de restauration de Dieu : c’est sur des décombres qu’il construit, c’est avec des matériaux usés, détruits, frappés par le jugement de Dieu –la destruction de Jérusalem en 587 évoquée tout à l’heure – ; c’est là le matériau avec lequel Dieu élève les nouveaux murs.
    N’est-ce pas une image précieuse pour l’église ? c’est d’hommes et de femmes poussiéreux, enterrés, cuits, calcinés, que Dieu veut faire et fait des pierres vivantes, nouvelles, saintes, pour construire l’église.
    Dieu redonne vie aux pierres dans notre texte, comme il redonne vie aux êtres, selon une même grâce, pleine de puissance et de compassion, pour bâtir un édifice à sa gloire.
    Mais le travail de sape de l’ennemi est là : vous êtes des minables, votre Dieu est incapable, vous ne viendrez pas à bout d’une telle entreprise, votre travail ne résistera pas, il n’est pas solide … etc, etc, etc.

    Critiquer, dévaloriser le travail, mépriser les efforts, douter de leur issue victorieuse, c’est toujours le jeu de l’ennemi ; et c’est toujours faire le jeu de l’ennemi que de laisser ces discours se répandre parmi nous ou s’enraciner en nous.
    C’est parfois la petite voix intérieure qui doute de soi, où l’on se sent effectivement minable, incapable, où l’on voit le chantier comme impossible tellement la tâche paraît immense, oubliant en fait de regarder à Dieu, et finissant par douter de Lui. Combien de fois ai-je laissé l’ennemi prendre cette place en moi ?
    C’est aussi les propos cassants, décourageants, posés sur les initiatives des uns ou des autres. Et ce n’est malheureusement pas toujours de l’extérieur que viennent ce type d’attaques ; puisse chacun en être conscient parmi nous. Se laisser aller à la critique lorsqu’elle n’a pas le propos d’édifier, ou au mépris des petits commencements, c’est là encore laisser à l’ennemi une place, un pouvoir qu’il ne doit pas prendre parmi nous.
    Là encore Néhémie sait réagir avec sagesse : un peu comme dans certains psaumes dits d’imprécations, Néhémie prend Dieu à témoin de ce qui se dit, en prononçant des paroles dures et sévères à l’égard de ses adversaires.
    Lecture chp. 3. 36-38
    Si Néhémie invoque avec véhémence la justice et la protection de Dieu dans sa prière, il ne se laisse pas aller pour autant, à engager une action contre l’ennemi ; il n’entreprend rien de lui-même, il laisse à Dieu le soin de répondre à l’attaque selon l’autorité et la souveraineté qui sont les siennes.
    Il l’a bien compris, ce qui est primordial, le lieu où il faut concentrer toutes ses forces et ses efforts, c’est la construction ; c’est là la part de l’homme, la vengeance appartient à Dieu.
    Continuer à bâtir, faire avancer le chantier et le faire de tout son cœur, voilà la priorité, voilà l’objectif sur lequel rester concentré en dépit des critiques et du mépris. Et c’est encore une leçon pour nous.
    Lecture chp. 3. 38

    Cette persévérance qui ne se laisse pas détourner de ses objectifs et de ses priorités, va déclencher une escalade dans la violence et les attaques de l’ennemi.
    Lecture chp. 4. 1-2
    La riposte et le réflexe sont immédiats pour Néhémie et ses hommes : prier Dieu.
    Là encore la réaction est exemplaire.
    Lecture chp. 4. 3
    J’aimerais attirer votre attention sur l’aspect défensif de cette riposte ; il ne s’agit pas d’une démarche agressive envers l’ennemi, offensive, il ne s’agit pas de sortir pour le combattre, il s’agit de protéger le travail et de permettre qu’il continue devant des menaces qui se font plus pressantes. Des hommes monteront la garde, prêts à résister à l’assaut s’il devait venir. Etre prêt à parer à toute éventualité, si besoin était.
    Et ceci aux moments où des signaux de découragement, et de fatigue semblent gagner les bâtisseurs :
    Lecture chp 4. 4-17

    6 éléments sur lesquels attirer votre attention :

    1. Les hommes sont tous prêts à combattre, et équipés pour le faire, mais ils n’engageront pas le combat, ils ne le feront que s’ils sont attaqués.
      Nous l’avons lu le seul fait que l’ennemi ne puisse plus les prendre par surprise, le dissuadera d’attaquer.
      Comme souvent chez l’ennemi, il y a beaucoup d’intimidation, de rugissements effrayants, mais une capacité à agir limitée, surtout face à des hommes qui ont pris le soin de prier, de se préparer et de veiller.
      L’ennemi le sait, il n’a aucune chance de gagner face à un peuple fermement ancré en Dieu et confiant en Lui.
      C’est un rappel pour nous.
    2. Vous l’avez vu, le conflit ne venant pas, sans tarder tout le monde repart à son travail, reprend son poste, pour la construction de la muraille ; car l’endroit réel où se livre la bataille, c’est bien l’avancée du chantier ; le terrain des opérations, c’est être présent, actif, fort, dans l’édification, dans le positif, pas dans l’éradication de l’ennemi, dans sa destruction.
    3. Néhémie met en place un dispositif ingénieux ;
      La moitié travaille, l’autre moitié défend et protège le travail. Les proportions sont impressionnantes, mais nous rappellent qu’il faut aussi face à une menace sérieuse, face à un ennemi très en colère savoir lui opposer des effectifs importants. Il faut du monde prêt à faire face à toute éventualité, même si le chantier avancera probablement plus lentement.
    4. Il s’agit d’apprendre à bâtir l’épée à la ceinture.
      D’une main la truelle et de l’autre l’arme.
      Belle image à conserver aussi pour nous.
      Remarquez que là encore, l’accent est placé sur la sauvegarde des acquis et la poursuite de l’œuvre de construction.
      S’ils sont armés c’est pour pouvoir construire, pas pour faire la guerre, surtout pas pour y partir ; il faudra se battre seulement si nécessaire, si l’ennemi ose s’aventurer aux pieds de la muraille, aux abords du chantier. En attendant la truelle sera l’instrument quotidien tant qu’il n’est pas besoin de répondre à une offensive ennemie.
      C’est la main qui porte la truelle qui est appelée à travailler.
    5. Les consignes sont là ; si l’affrontement devait avoir lieu, c’est dans le rassemblement que le peuple trouvera les forces de vaincre et que Dieu combattra pour lui. Importance de l’unité à l’heure d’en découdre avec l’ennemi ; l’éparpillement, la solitude rendent vulnérables.
    6. Dans ce contexte tendu, Néhémie et les siens redoublent d’efforts pour poursuivre le travail, se donnent sans compter, sans même quitter leurs vêtements, dormant sur le chantier, plus conscients que jamais de l’importance de consacrer toutes leurs forces à ce travail de construction et à sa protection.

    Devant cette mobilisation efficace et consistante, concentrée sur la tâche à accomplir, l’ennemi va changer de stratégie ; après l’intimidation, il va essayer de détourner Néhémie des priorités qui sont les siennes.

    Nous reprenons la lecture au chp 6. 1-4
    Allez, viens donc me rencontrer, quitte ton travail, quitte ta muraille, viens donc sur mon terrain, viens, viens perdre ton temps à palabrer avec l’ennemi...
    Avec une lucidité admirable, et une fermeté qui l’est tout autant Néhémie sait déchiffrer le véritable objectif de cette proposition : lui faire abandonner l’ouvrage.
    L’ennemi sait insister, Il fait 4 fois la même proposition ; sans se laisser décontenancer ni perdre son temps, Néhémie lui fait 4 fois la même réponse.
    Il y aura encore le stratagème de la calomnie, des rumeurs mensongères :
    Lecture chp. 6. 6-9
    Oui, il y a lutte incessante pour rester concentré sur l’ouvrage, sur sa tâche. Il y aura encore l’intervention d’un faux prophète que nous ne lirons pas faute de temps, pour parvenir à ce terme du processus :
    Lecture chp. 6. 15-16
    La muraille est construite, les ennemis vaincus, la gloire de Dieu manifeste ; tout ceci sans que l’ennemi ait jamais pu porter la main sur l’ouvrage de Dieu.
    Tout ceci, sans jamais qu’il ait fallu combattre pour les bâtisseurs, autrement qu’avec leur truelle et leur persévérance à construire en dépit de toutes les sollicitations, moqueries, menaces, et autres tentatives pour les détourner de leur travail.
    C’est ainsi, en construisant, que l’ennemi a perdu la bataille.
    Jamais il ne s’est agit de chercher à détruire l’ennemi dans un face à face avec lui, de partir en guerre contre lui, de répondre à ses menaces, de l’affronter sur son terrain ; c’est important à entendre.
    Il y a en effet aujourd’hui toute une aile évangélique tentée, parfois même engagée dans ce désir d’en découdre avec l’ennemi, d’un face à face direct avec lui. Partir en guerre, avec son cortège de déclarations et d’invectives lancées à l’ennemi, de chants guerriers, de prises de positions, de conquêtes, etc, etc,...
    L’esprit des croisades.
    Il me semble que Néhémie resitue ici le sens de notre mobilisation, de ce rapport entre construction et combat sur lequel nous cherchons à réfléchir ce matin ; il nous redit que c’est justement faire le jeu de l’ennemi, que de nous laisser piéger à partir loin de la muraille, à nous détourner une seule seconde de la construction commune qui nous a été confiée.
    L’ennemi a déjà gagné à chaque fois qu’il parvient à nous distraire de notre travail, à chaque fois qu’il réussit à interrompre le chantier ; c’est dans cette dispersion, dans cette capacité à nous détourner de notre mission, que l’ennemi nous rend impuissants, et reprend du terrain.
    Un chantier abandonné c’est une bataille remportée pour l’ennemi ; une truelle posée, c’est un ouvrier vaincu.
    Ce piège, Néhémie par la grâce de l’Esprit, l’a clairement identifié et ne tombera pas dans le panneau. En effet, comment l’ennemi recule, perd-il la bataille ?
    Lorsque la muraille s’élève, lorsque les murs montent, lorsque les pierres vivantes s’édifient pour construire l’église du Christ, pas dans une confrontation directe avec les puissances du mal, pas dans un combat engagé contre lui ;
    Ce combat, rappelons-le, il est inutile de le recommencer ou de le poursuivre ; le Christ y a mis un point final à la croix. Nous l’avons évoqué il y a quelques semaines, cela fait partie du “déjà“; c’est déjà acquis, pleinement accompli ; à la croix la victoire est totale ; aussi s’il est vrai qu’il nous faut encore nous battre, ce n’est pas dans le prolongement de cette lutte directe contre le mal que seul le Christ pouvait engager et remporter pour nous.
    Nous sommes appelés à être une force de dissuasion, déployée autour de la construction pour en garantir la protection si besoin est, pour en permettre le développement.
    Ce n’est pas de l’offensif contre l’ennemi, c’est plutôt du défensif, pour ne pas lui laisser le droit de perturber ce que le Christ nous a commandé de faire : en lui, par sa puissance, construire l’Église.
    Ne nous trompons donc pas, l’ennemi n’est pas un objectif pour l’église ; pas plus lui parler que de partir le combattre ou même le rencontrer sur son terrain ; Christ l’a déjà fait pour nous ; pour nous, ouvriers avec Christ, il s’agira de construire ; tel est notre objectif. Bâtir.

Une fois ce rapport entre construction et combat précisé, quelques questions en guise de conclusion :
Alors toi, ce matin es-tu au travail sur la muraille, selon le secteur qui est le tien, au côté des autres, résolu et confiant dans le Dieu qui t’a confié cette tâche ?
Sais-tu que construire pour la Jérusalem d’en haut, la Jérusalem céleste, suscite toujours l’opposition et la colère de l’ennemi, encore aujourd’hui ?
Sais-tu que cet édifice de pierres vivantes qu’est l’église est constamment menacé, sous la pression et l’intimidation de l’ennemi ?
Sais-tu que tu peux par tes doutes, tes paroles, ton découragement, tes murmures, tes critiques, faire le jeu de l’ennemi ?
Sais-tu qu’il faut être armé pour continuer à bâtir (Ep 6. 10-20)?
Sais-tu qu’il faut des hommes et des femmes qui protègent et défendent par leur foi, par leur prières, par leur vigilance, le travail de ceux qui construisent l’église ? es-tu prêt, es-tu prête à être de ceux là, toi qui peut-être n’a plus les forces de bâtir ?
Sais-tu que poser la truelle, arrêter le chantier, abandonner l’ouvrage, c’est ouvrir une brèche pour l’ennemi ?
Sais-tu que notre mission, et elle implique toute notre vigilance et nos efforts est de rester concentrés, à l’œuvre sur cette construction en Christ, Lui qui est la pierre précieuse et vivante, à même de faire de nous le temple qui manifestera aux yeux de tous, et de nos ennemis y compris, combien sa gloire est puissante, sa grâce profonde ?
Sais-tu que de décombres poussiéreux et calcinés, ton Dieu fera une construction sainte, pure et glorieuse ?
A la lumière de ces questions, je vous propose de réentendre l’apôtre Paul.
Col. 4. 12 "Epaphras qui est des vôtres, vous salue : esclave de JC, il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières, afin que, parvenus à l’accomplissement et pleinement convaincus de la volonté de Dieu, vous teniez bon."
Voilà un exemple concret d’un homme armé de foi qui prie pour que les ouvriers persévèrent sur le chantier. Tenir bon, ne pas lâcher, continuer à construire.
Ou encore le célèbre passage d’Ep 6, si souvent cité pour justifier le combat contre l’ennemi.
Ep 6. 10"Au reste soyez puissants dans le Seigneur, par sa force souveraine. Revêtez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir bon devant les manœuvres du diable (rappelez-vous les manœuvres de Sanballat, Tobiya et Guéchem). En effet ce n’est pas contre le sang et la chair que nous luttons, mais contre les principats, contre les autorités, contre les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les puissances spirituelles mauvaises qui sont dans les lieux célestes. Prenez donc toutes les armes de Dieu, afin que vous puissiez résister dans le jour mauvais et, après avoir tout mis en œuvre, tenir bon."
v14 "Oui tenez bon, ou tenez ferme." (lire suite jusqu’à 20)

Notez là encore la priorité au défensif ; comme dans Néhémie, il s’agit de revêtir l’armure pour pouvoir tenir fermes, pour résister devant les manœuvres de l’ennemi. Alors s’il vous plaît, tenons bon, tenons ferme ! construisons l’Église, et persévérons.